Les artisans fleuristes dénoncent une injustice croissante face aux contrôles ciblés de l’Inspection du Travail

Chaque année, le 1er mai marque une tradition profondément ancrée dans le cœur des Français : offrir du muguet, symbole de bonheur. Pourtant, cette date si importante devient un cauchemar administratif pour les artisans fleuristes, pourtant seuls professionnels du secteur, confrontés à des contrôles ciblés, stricts et répétés de l’Inspection du Travail… alors même que la vente de muguet à la sauvette échappe à toute régulation.

Depuis 2023, des contrôles inopinés ont lieu chez les fleuristes et dans certaines jardineries le jour du 1er mai. Résultat : rappels à la loi, verbalisations et sanctions, dans un climat de suspicion qui ne touche ni les vendeurs à la sauvette, ni les vendeurs non professionnels, qui eux ne respectent ni la loi ni les règles sociales et fiscales.

Une activité non reconnue, une incohérence légale persistante

Aujourd’hui encore, la vente de muguet le 1er mai n’est pas reconnue officiellement comme une activité pouvant faire exception au repos dominical, ce qui rend la situation encore plus absurde pour les fleuristes, qui se trouvent dans une zone grise juridique. Pourtant, les salariés du secteur travaillent ce jour-là sur la base du volontariat, et sont correctement rémunérés selon les dispositions de la convention collective.

Mais les sanctions récentes contribuent à un climat d’insécurité juridique croissante. Les artisans fleuristes redoutent désormais que leur présence en boutique le 1er mai devienne une prise de risque. Pendant ce temps, les vendeurs à la sauvette, non déclarés, non contrôlés et non fiscalisés, opèrent librement dans l’espace public.

Un appel au gouvernement resté sans réponse

La Fédération Française des Artisans Fleuristes (FFAF) dénonce cette situation aberrante et interpelle une nouvelle fois les pouvoirs publics. Des courriers ont été adressés depuis deux ans aux ministres de l’Économie, du Travail et de l’Intérieur, sans aucune réponse à ce jour. Pourtant, cette problématique touche toute la filière, des producteurs aux détaillants.

« Il est impensable que l’État puisse se priver des recettes fiscales générées par notre travail, alors même qu’il cherche 40 milliards d’euros d’économies. Ce traitement injuste nuit à notre activité et à la survie de nombreuses entreprises artisanales. »
– Farell Legendre, Président de la FFAF

Un impact économique majeur

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, les foyers français ont dépensé :

  • 19,4 millions d’euros pour l’achat de muguet à l’occasion du 1er mai

  • 7,40 € en moyenne par achat (contre 7,80 € en 2023)

La FFAF rappelle que les artisans fleuristes ne demandent pas de privilège, mais simplement le droit d’exercer leur métier sereinement le 1er mai, dans un cadre légal clair, équitable et sécurisé pour tous les acteurs du secteur.

À propos de la FFAF

La Fédération Française des Artisans Fleuristes (FFAF) est l’organisation professionnelle représentative du métier de fleuriste. Elle regroupe plus de 25 000 chefs d’entreprise et salariés à travers la France. Membre du SNFI et partenaire reconnu des pouvoirs publics, elle agit pour la défense, la formation, la promotion et la valorisation du métier de fleuriste, dans le respect des règles et des savoir-faire artisanaux.

En savoir plus sur CNAMS Paca

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture