Dans le cadre de la concertation engagée par le Gouvernement sur la lutte contre l’absentéisme et la maîtrise des dépenses liées aux indemnités journalières, une mission interbranche associant la branche Maladie, la branche Accidents du travail – Maladies professionnelles (AT-MP) et les partenaires sociaux, dont l’U2P, a remis ses conclusions.
Si plusieurs pistes d’évolution pourraient alimenter le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, un constat fait largement consensus : la prévention demeure le levier le plus efficace pour réduire durablement les arrêts de travail et favoriser le maintien dans l’emploi.
Mieux prévenir les risques professionnels
Les travaux de la mission mettent en évidence la progression de plusieurs facteurs à l’origine des arrêts de travail :
- les troubles musculosquelettiques (TMS) ;
- les risques psychosociaux (RPS) ;
- les maladies chroniques ;
- l’usure professionnelle.
Les partenaires insistent sur la nécessité de renforcer la prévention tout au long de la vie professionnelle, dès la formation initiale. Les apprentis, les jeunes salariés et les nouveaux embauchés figurent parmi les publics les plus exposés aux accidents du travail.
La mission recommande également de poursuivre pleinement le déploiement des dispositifs existants, tels que les programmes TMS Pros, Risques Chimiques Pros ou encore les actions de prévention des risques psychosociaux.
Accompagner davantage les TPE et PME
Les conclusions soulignent également le besoin de renforcer l’accompagnement des entreprises, en particulier des TPE et PME, dans l’évaluation des risques professionnels et la mise en œuvre du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
La mission préconise aussi un accompagnement spécifique des entreprises présentant un niveau d’absentéisme ou de sinistralité inhabituellement élevé, dans une logique de prévention, de dialogue et d’amélioration continue plutôt que de sanction.
Fluidifier le parcours des salariés en arrêt
Au-delà de la prévention, plusieurs propositions visent à améliorer le suivi des salariés pendant leur arrêt de travail.
Les travaux mettent notamment en avant :
- une meilleure coordination entre le médecin traitant, le médecin-conseil et le médecin du travail ;
- une réduction des délais administratifs ;
- un renforcement des outils numériques de suivi ;
- un accompagnement renforcé des assurés ;
- le développement des reprises progressives d’activité lorsque l’état de santé le permet.
L’objectif est de limiter les ruptures de parcours et de prévenir les situations de désinsertion professionnelle.
Une approche qui rejoint les attentes de l’artisanat
Pour les entreprises artisanales, ces orientations confirment l’importance d’investir dans la prévention plutôt que de concentrer les efforts uniquement sur la gestion des arrêts de travail.
La CNAMS rappelle que les TPE ont besoin d’un accompagnement concret, de dispositifs simples à mobiliser et de moyens adaptés pour développer une véritable culture de prévention au sein des entreprises, au bénéfice des salariés comme de la pérennité des activités.